Georges Folmer

Folmer Sculpteur

Les bois polychromes, appelés communément sculptures, commencent dans la création de Folmer en 1941-1942.

Il s’agit d’une idée spatiale dont il a perçu l’importance au cours de sa conquête de l’abstraction, lorsqu’il a travaillé les polyèdres.

En effet on remarque dans les dernières œuvres cubistes, souvent régies par le Nombre d’Or, une répétition de volumes géométriques suivant des points de fuite qui apportent un effet de profondeur et de perspectives dans l’espace.

A la faveur du manque de moyen dû à la guerre, et toujours fasciné par l’intensité de la nature, Folmer récupère des bois nobles mais bruts : il les façonne au ciseau en volumes géométriques plus réguliers et les assemble selon ses esquisses préparatoires pour créer ce qu’il appellera une « construction spatiale » parce que, disait-il « elles ne sont ni modelées, ni sculptées » faisant ici référence au sculpteur sur pierre ou sur marbre tenant leur burin.

Mais l’esprit de la création artistique de Folmer va donner à ces pièces une dimension tout à fait exceptionnelle quand il décide d’appliquer une polychromie partielle ou totale sur les faces géométriques de ses bois.

On peut dire qu’il a retenu, là, l’enseignement spatial de Malevitch. Durant une courte décennie Folmer, passionné de réaliser avec des matériaux innovants, va épanouir son talent. « Ces créations, par leur sobriété raffinée, par la tension dynamique de leu structure, par l’équilibre puissant qui en émane, constituent l’un des sommets de l’Art de Folmer ».

D’ailleurs, l’hommage de la critique sera élogieux pour son exposition chez Colette Allendy, à Paris en 1950, lorsqu’il présente ses bois polychromes pour la première fois. Puis ce sera la consécration par Michel Seuphor qui écrit plus tard : « (…) son œuvre qui, de toute évidence, a sa place, à mon avis, très éminente par ses sculptures en bois polychromé. Ces œuvres sont parmi les plus belles que j’ai pu connaître du constructivisme à trois dimensions (…) elles doivent trouver place et protection dans les musées (…) je n’avais jamais vu une aussi belle alliance du bois et de la couleur. Si j’avais eu alors quelques moyens matériels je les aurais certainement achetés ». (Corresp.du 23/10/1987)