Georges Folmer

Folmer, peintre mallarméen

A partir de 1957, Folmer donne souvent pour titre à ses œuvres un vers de Mallarmé : « une fusion de l’abstraction poétique et plastique » selon René Massat(1).

L’un et l’autre se refusent à présenter leur sensibilité par ce qu’elle a de commun et de semblable ; l’un et l’autre cherchent en lui, pour traduire dans son Art respectif, ce qu’il a de plus « incommunicablement » individuel !

« Dans ses compositions où le tracé des formes, exactement pensées, contient un idéogramme et où la couleur vibre au-delà du plan, Folmer découvre et délivre un saisissant aspect de la pensée mallarméenne ».

« Une toile qui prend un vers de Mallarmé pour titre peut prétendre à l’illustration d’un poème dont il est tiré, ou bien orienter l’éclairage qu’elle désire donner à son inspiration et sous lequel elle désire être vue ».

« La confrontation de l’Art de Folmer avec l’abstraction poétique de Mallarmé relève d’une nécessité plus lointaine, d’une affinité plus étroite ».

« Le poète las que la vie étiole » pose les termes du néant : refus de l’univers, blessant et attirant à la fois, appel à la nuit intérieure qui permet à l’esprit « d’avancer profondément dans la nuit des ténèbres absolues ».

Il s’agit « de peindre non la chose, mais l’effet qu’elle produit »(2) c’est-à-dire concevoir son œuvre comme une expérience métaphysique en transposant les objets sur le plan de l’esprit, c’est-à-dire annuler l’absurde et le hasard qui règnent dans la création.

« Il n’y a pas de hasard en Art »Georges Folmer


(1) Extraits de René Massat, Président du Salon des Réalités Nouvelles en 1953 et 1954, critique d’Art et Professeur de philosophie à Paris.
(2) Commentaires d’un intime de Folmer.