Georges Folmer

Folmer et l’Allemagne

La double ascendance lorraine et alsacienne des familles Folmer et Jost favorisent un lien d’antériorité étroite avec l’Allemagne à la faveur d’échanges entre étudiants des deux pays. Le parcours artistique de Georges Folmer va le renforcer.

A l’été 1914, alors qu’il est en Allemagne, la guerre se déclare et Folmer est fait prisonnier civil et interné à Holzminden (www.holzminden.de). C’est là qu’il va commencer d’extérioriser sa passion artistique. Au-delà des dessins et aquarelles il monte avec Lucien Nat et Etievant un théâtre dont il réalise le décor : « on faisait tout avec un bout de ficelle ».
A sa libération sous condition à Genève, en 1917, une première exposition des œuvres de Holzminden est présentée Place Neuve à Genève.

Ces amitiés se poursuivront après la guerre. Sa première exposition au Musée de Mulhouse fait l’objet d’un article en allemand dans le « Repubikam » du 20.12.1927. Lorsque Folmer, au début des années 30 commence d’étudier les théories plastiques des maîtres, puis celles du Bauhaus il travaille dans la langue originale : l’allemand ; c’est aussi le plus souvent qu’il échange en allemand avec Viener au cours de leurs travaux sur le Nombre d’Or.

Mais c’est surtout au début des années 40 qu’il retrouve un lien artistique permanent avec l’Allemagne. L’arrivée en France de Léo et Annie Breuer, qui, très vite fondent une amitié « serrée » avec Folmer, ouvre un parcours commun que seule la disparition de Léo en 1975 interrompra, même si Annie gardera, jusqu’à sa mort en 1995, des relations étroites avec Catherine, la fille Folmer.

Folmer et Breuer sont dans le noyau dur de la création des Réalités Nouvelles aux côtés de Félix Del Male et Frédo Sides, avec Beothy et Servanes entre autres. Il en sera de même pour la Fondation du Groupe Espace. D’autres artistes d’origine allemande les entourent : Fleischmann, Frutrunk… tous des géométriques constructivistes.

La Fondation du Groupe Mesure, par Folmer en 1960, va forger un lien définitif avec l’Allemagne. Folmer et Breuer partagent la même motivation pour promouvoir Mesure en Allemagne « plus perméable à notre style » disait Folmer, et Catherine sa fille se souvient des mots de son père : « ils ont compris plutôt que nous (en France) l’Art constructiviste dans la vie. Regarde les motifs figurant sur les billets de DM : ce sont des motifs abstraits ! Regarde les fontaines dans les espaces urbains : souvent des sculptures abstraites, mais aussi des mosaïques abstraites dans les bâtiments publics, des reliefs abstraits en béton… ».

Folmer et Breuer ambassadeurs de Mesure réaliseront huit expositions en Allemagne : Kaiserslautern en mai 1962, Ludwigshaffen en septembre 1962, Leverkusen en janvier 1963, Frankfurt en juin 1964, Hamburg en octobre 1964, Bremen en novembre 1964, Bielefeld en juin 1965, Witten en septembre 1965 et les échos de presse sont très convaincants.

Ainsi Mesure accueille de nouveaux membres : des Allemands Peschke, Kiesel, Kleint et d’autres venant de Suisse, de Suède, d’Italie. Seule l’Allemagne et la France au Musée des Beaux-Arts de Rennes donneront un écho immédiat à Mesure ; le Groupe est contraint, faute de moyens à s’arrêter fin 1965.

Cependant pour Folmer, les expositions en Allemagne, commencées en 1958 « der Hellweg » à Bochum continueront, entre autres, à la Galerie Schultze Bad Godesberg en 1964, puis la Galerie Reichard « Réalités Nouvelles 1946-1956 », et enfin à la Galerie Scheffel Bad Homburg en 1995. Aujourd’hui des projets de muséologie sont à l’étude, notamment autour des œuvres au Nombre d’Or et des encres des années 1940-1950